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Stephanie Lee est de loin l’une de mes artistes préférées. Son art et son esprit m’ont vraiment inspirée et donné envie de progresser et d'expérimenter, surtout au début de mon parcours. Stéphanie travaille le plâtre, la cire, le métal… Elle a aussi beaucoup de talent avec les mots et je sais qu’elle vous inspirera !


Laly : Ton art possède une qualité si unique et apaisante. Pour moi, il émane de tes tableaux une lumière douce, chaude et naturelle. Peux-tu me parler un peu de ton processus, et en particulier comment tu infuses la lumière dans tes œuvres avec le plâtre et de la cire ?

Stephanie :  Pratiquement tous mes tableaux commencent avec une couche de plâtre. Parfois cette couche est épaisse, et parfois aussi fine que du papier.
Affiner la texture du plâtre avec beaucoup d'intention, la parfaire jusqu'à obtenir une surface lisse, a quelque chose de méditatif. Cela apaise immédiatement tout sentiment d’inquiétude à l'idée de ne pas connaître l’étape suivante du tableau.

Il n’y a pas encore de couleur, et pourtant l’œuvre possède déjà cette qualité d'espace, qui m'invite à y répondre par la première impulsion qui se présentera. Les minéraux naturellement présents dans le plâtre reçoivent et réfléchissent la lumière d’une façon subtile et douce, tellement différente de celle du papier ou de la toile enduite au gesso.

 

Affiner la texture du plâtre avec beaucoup d’intention, la parfaire jusqu’à obtenir une surface lisse, a quelque chose de méditatif. Cela apaise immédiatement tout sentiment d’inquiétude à l’idée de ne pas connaître l’étape suivante du tableau.
 

J'ajoute et je retire des couches de peinture, je colle des morceaux de papiers, je gratte et je décolle, je creuse des marques dans le plâtre, tantôt lignes fines et délicates, tantôt profondes crevasses. A la fin, la surface est prête à recevoir les dernières couches au medium encaustique.

Parfois j'applique de la peinture encaustique opaque par endroits, pour délimiter des zones fortes, mais la plupart du temps je recouvre en partie ou en totalité mon tableau avec une couche de medium encaustique transparent. Le medium encaustique possède une luminosité que je n’ai retrouvée dans aucun autre produit. Avec le temps, la surface cirée acquiert une brillance très mate qui empêche la lumière ambiante de trop se refléter sur la surface. Je préfère ce fini mat, presque terne, bien que beaucoup d’artistes encaustiques lustrent leur cire pour obtenir une surface brillante. Le fini mat permet à la lumière de pénétrer profondément dans le tableau: en dessous, toutes les couches rayonnent alors en synergie, de façon unique et subtile.

Laly : Comment est-ce que la nature, et ton environnement, t’inspirent ? Qu’est-ce que tu aimes dans le travail avec les matériaux naturels ?

Stephanie : J’aime un galet poli par la rivière, ou le bois coupé battu par les vents et la pluie, saison après saison. J'aime recréer dans mes tableaux cette sensation du temps qui passe et de l'usure. Le plâtre et mes outils me permettent de reproduire cette usure naturelle des choses.

Le plâtre, ce matériau naturel, possède une simplicité qui permet d’y associer bien d'autres types d'éléments. Tout comme les couches d’humus sur le sol de la forêt, des couches de matière s'accumulent dans mes tableaux – certaines bien visibles, et d’autres complètement enfouies, n'offrant que l’énergie de leur présence, qui peut seulement être ressentie, mais ne peut être vue. La nature est le seul endroit que je connaisse où les couches souterraines, invisibles, génèrent plus de richesse à la surface. Et j'éprouve ce même sentiment lorsque je superpose les couches dans mes tableaux.

 

I know of no where else than in nature where the buried, invisible layers actually create more richness to the surface and I experience that same feeling when building up layers in my paintings.

Je ne connais pas d’autre endroit que dans la nature où les couches enterrées et invisibles créent plus de richesse à la surface ; je ressens ces mêmes sensations quand je superpose les couches dans mes tableaux.

Laly : Y a-t-il une sorte de lumière que tu préfères ? Peut-être une saison ou une heure de la journée où la lumière résonne le plus en toi ? Qu’est-ce que cela t’apprend sur toi-même ? En quoi cela fait-il écho à ta propre lumière intérieure ?...

Stephanie : Ma lumière préférée est celle dont je fais l’expérience, en pleine conscience, à chaque instant. J’aime en particulier cette lueur bleue-noire de l'aube qui apparaît juste avant que la teinte dorée du soleil ne la remplace. Et puis la lumière du crépuscule – les ombres basses et longues qui nimbent tout de chaleur et d'or.

Je dois avouer que ma lumière préférée – celle qui capte le plus mon attention – est cette lueur unique, presque phosphorescente, emprisonnée sous la lumière épaisse et basse d’une pluie d’été torrentielle. Elle prend souvent une teinte rougeâtre qui se reflète sur toutes les surfaces lisses alentour. D’une certaine façon, le gris semble alors la lumière la plus attirante au monde.

Je sais depuis longtemps désormais que ma lumière préférée (et mon temps préféré, d'ailleurs) est celle qui se change en une autre. Quand je vais marcher dehors et que je vois la preuve irréfutable que le printemps laisse place à l’été, que la nuit laisse place au jour… Cette transformation de la lumière est ce qui me captive le plus. C’est aussi vrai pour ma propre lumière intérieure. Sentir que je change et que je deviens la version suivante de moi-même, sentir combien je souhaite vivre et partager ma lumière avec le monde. Je suis souvent un mystère pour moi-même car je ne sais pas toujours en quoi la lumière au fond de moi est en train de se transformer. J’ai donc appris à observer, à rester ouverte, et à accepter d’écouter très attentivement pour découvrir de quelle façon je suis appelée à partager cette lumière avec les autres.

The changing of the light is what captivates me the most. It is true for my own inner light as well. To feel myself changing and growing into the next version of myself and how I want to experience and share my light in the world.

Le changement de la lumière est ce qui me captive le plus. C’est aussi vrai pour ma propre lumière. Sentir que je change et que je deviens la version suivante de moi-même, et combien je souhaite expérimenter et partager ma lumière avec le monde.
 

Laly : A travers ton art et tes ateliers, tu éclaires la voie pour que d'autres artistes trouvent et expriment leur propre étincelle. Si tu pouvais parler à l’enfant sauvage, brillant et créatif qui vit en chacun de nous, que lui dirais-tu ?

Stephanie : Je dirais que c’est normal de ne pas voir tout le chemin qui est devant vous. Vous avez juste besoin d’assez de lumière pour le prochain pas et quand vous avez l'impression qu’il n’y en a même pas assez pour ça, alors avancez à tâtons. La lumière ne brille pas juste de l'intérieur ou juste à l'extérieur. Les deux coexistent. C’est une pulsation dynamique entre vous et toute la création, et vous êtes invité à vous joindre à cette danse de la création qui continue.

Les jours où vous avez l’impression que votre lumière est presque éteinte, offrez-la, si faible soit-elle, pour allumer celle d'une autre personne. Vous remarquerez que, de la rencontre de vos deux flammes, naît une étincelle encore plus brillante que votre lumière ne l'était auparavant. C’est la lumière qui vous dit : "Oui ! Regarde qui je deviens lorsqu'on on me partage ! Sauvage, brillante et vive !". La lumière change, se métamorphose et évolue aussi avec les saisons de votre vie. Alors ayez confiance, la lumière qui vit en vous est largement suffisante pour continuer à éclairer votre être, toujours plus profondément.

Mais ne la gardez pas pour vous seul. Laissez-la briller, brûler les vieilles histoires et tracer la voie pour de nouvelles façons d'être, avec bienveillance.

C’est normal de ne pas voir tout le chemin qui est devant vous. Vous avez juste besoin d’assez de lumière pour le prochain pas et quand vous avez l’impression qu’il n’y en a même pas assez pour ça, alors avancez à tâtons.

Stéphanie LEE

© Stephanie Lee

© Stephanie Lee

Bonjour. Je suis Stephanie Lee. J’écris, je peins, et je manipule toutes sortes de matériaux pour créer un art authentique à partir des images que j’ai dans la tête. Je ne perds pas mon énergie à briser les règles simplement pour me rebeller. Je ne perds pas non plus mon temps à essayer de connaître et d'appliquer toutes les règles. Je préfère chercher et trouver des solutions.

Je suis bien trop occupée à suivre ma curiosité et à contourner les règles/l’emploi du temps/les défis de la vie, pour perdre mon temps avec ces limitations.

J’examine les impasses et les révélations par lesquelles je suis passée sur mon chemin d'artiste, afin d'aider les autres à prendre conscience de ce qu'ils ont d'unique et de les encourage à trouver leurs propres solutions.

En tant qu’artiste et formatrice, je parcours le monde pour enseigner en personne, ainsi que sur internet, à des créateurs audacieux. L’alchimie qui naît lors de ces partages ravive une flamme dans les cœurs des participants: le désir de se relier plus profondément à leur créativité, unique et innée.

Je coache personnellement des femmes qui souhaitent pleinement exprimer leur potentiel divin, des femmes en quête d'une plus grande clarté dans leur pratique créative, de plus d'équilibre dans leurs vies bien occupées, afin d'atteindre un profonde satisfaction dans la façon dont elles honorent leur temps et leur énergie.

Sur mon blog, vous pouvez en lire plus sur ma vie et ma façon débordante de cultiver l’art. Dans mes jours moins désordonnés, j'interviens auprès de groupes pour leur montrer que trouver leurs propres solutions, et écrire leurs propres règles, leur donne le pouvoir de vivre cette vie créative et stimulante qu'ils ont imaginée.

Vous pouvez me retrouver ici :

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